Surcharge cognitive : pourquoi nous sommes fatigués même sans effort physique
La surcharge cognitive survient lorsque notre cerveau est confronté à trop d’informations, de décisions et de stimuli à la fois. Cela entraîne une fatigue mentale, une baisse de la capacité de concentration et un sentiment d’épuisement, même si vous n’avez en réalité presque rien fait. Parmi les principales causes, on peut citer les changements constants d’attention, la surcharge numérique et le manque de véritable repos.
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Avez-vous l’impression d’avoir « juste été assis » toute la journée, et pourtant d’être complètement épuisé ?
Lorsque vous vous affalez sur le canapé le soir, vous vous demandez peut-être pourquoi vous êtes si fatigué. Vous n’avez soulevé aucune charge lourde, vous n’avez pas couru de marathon, et pourtant vous avez l’impression que quelqu’un vous a vidé de votre énergie.
Ce n’est peut-être ni de la paresse ni un manque de forme physique. On rencontre de plus en plus souvent la surcharge cognitive – un état dans lequel votre cerveau est submergé d’informations, de prises de décision et de changements constants d’attention.
Et c’est précisément pour cette raison que huit heures passées devant un ordinateur peuvent être aussi épuisantes pour le cerveau que plusieurs heures de travail physique.
Qu’est-ce que la surcharge cognitive ?
La surcharge cognitive est un état dans lequel votre cerveau reçoit plus d’informations qu’il n’est capable d’en traiter efficacement.
Ce n’est pas seulement une question de volume de travail sur votre bureau. Souvent, le nombre de petites tâches, de notifications et de décisions que vous devez prendre au cours de la journée joue également un rôle.
Imaginez une journée de travail typique :
- vous répondez à vos e-mails,
- vous consultez Teams ou Slack,
- vous participez à une réunion éclair,
- vous répondez au téléphone,
- vous ouvrez dix nouveaux onglets,
- un collègue vous interrompt,
- puis vous essayez de vous remettre au travail.
À un tel rythme, le cerveau ne « déconnecte » jamais vraiment. En effet, chaque changement de tâche consomme votre énergie mentale.
Pourquoi nous sentons-nous fatigués alors que nous n’avons pratiquement rien fait physiquement ?
Le cerveau consomme une quantité énorme d’énergie
Le cerveau humain ne représente qu’environ deux pour cent de notre masse corporelle, mais il consomme environ un cinquième de toute l’énergie utilisée par notre corps.
Ce n’est pourtant pas la réflexion en soi qui demande le plus d’énergie, mais plutôt :
- la prise de décision,
- la planification,
- la suppression des stimuli perturbateurs,
- la résolution de problèmes,
- la concentration prolongée.
Plus ces processus sont nombreux au cours de la journée, plus la fatigue mentale s’installe rapidement.
Passer d’une tâche à l’autre est plus exigeant qu’on ne le pense
Le multitâche peut sembler être une méthode de travail efficace. En réalité, la plupart des gens ne font que passer très rapidement d’une activité à l’autre.
Chaque interruption oblige le cerveau à :
- abandonner la tâche initiale,
- enregistrer son contexte,
- passer à une autre activité,
- et, au retour, se remémorer tout cela.
Ce processus représente une part considérable de la charge cognitive.
La fatigue décisionnelle est bien réelle
Au cours d’une journée, nous prenons des centaines, voire des milliers de petites décisions.
Par exemple :
- quoi répondre,
- quoi acheter,
- quoi ouvrir en premier,
- à quoi donner la priorité,
- s’il faut répondre à un message tout de suite ou plus tard.
Chaque décision mobilise notre capacité mentale limitée. C’est pourquoi, le soir, nous prenons souvent des décisions de manière plus impulsive ou reportons même des tâches simples.
Comment savoir s’il ne s’agit pas simplement de fatigue ordinaire ?
La surcharge cognitive présente des signes caractéristiques.
Parmi les plus courantes, on trouve :
- la sensation d’avoir « la tête pleine »,
- des difficultés à se concentrer,
- le fait d’oublier des choses simples,
- des erreurs fréquentes,
- l’incapacité à se lancer, même dans une tâche simple,
- l’irritabilité,
- le besoin constant de vérifier son téléphone,
- l’impression de passer toute la journée à faire quelque chose sans rien terminer.
Certaines personnes parlent également de ce qu’on appelle le « brouillard mental », lorsqu’elles ont du mal à réfléchir clairement ou à formuler leurs pensées.
Le plus gros problème n’est pas la quantité de travail, mais la multitude de stimuli constants
Étonnamment, il s’avère que la charge de travail n’est pas forcément le plus gros problème. C’est souvent plutôt un environnement exigeant, truffé de petites distractions, qui nous freine. Il suffit de recevoir chaque jour plusieurs dizaines de notifications pour que notre cerveau parvienne à peine à entrer dans un état de concentration profonde.
C’est pourquoi beaucoup d’entre nous se sentent épuisés le soir, même si, objectivement, ils n’ont pas travaillé plus d’heures qu’auparavant.
Comment les technologies numériques accentuent-elles la fatigue mentale ?
Aujourd’hui, le téléphone n’est plus seulement un outil de communication. C’est aussi :
- un bureau,
- un réseau social,
- une source d’informations,
- un système de navigation,
- un agenda,
- un appareil photo,
- et même un divertissement.
Notre cerveau attend ainsi presque sans interruption un nouveau stimulus. Le plus gros problème ne réside pas tant dans le téléphone lui-même que dans son imprévisibilité. Chaque vibration peut signifier quelque chose d’important, et notre cerveau apprend donc à rester constamment en alerte.
Tout cela accentue à long terme le sentiment d’épuisement mental.
Comment réduire la surcharge cognitive au quotidien ?
Faites moins de choses à la fois
Le « monotasking » n’est pas plus lent. Dans la plupart des professions, il s’avère plus efficace que de passer sans cesse d’une tâche à l’autre.
Limitez les notifications
Vous n’êtes pas obligé de réagir tout de suite. Beaucoup de gens constatent que lorsqu’ils désactivent la plupart des notifications, leur sentiment de surmenage diminue considérablement.
Prévoyez des plages de travail en profondeur
Réservez-vous 60 à 90 minutes sans téléphone, e-mail ni messagerie instantanée. Dans ces conditions, le cerveau atteint un niveau de concentration plus profond et consomme moins d’énergie que lorsqu’il passe sans cesse d’une tâche à l’autre.
Laissez votre cerveau se reposer un instant
Une pause ne signifie pas forcément consulter les réseaux sociaux. Une petite promenade, un coup d’œil par la fenêtre ou quelques minutes loin des écrans aideront votre cerveau à se recentrer.
Limitez le nombre de décisions
Voici quelques exemples qui peuvent vous aider :
- planifier sa journée la veille au soir,
- adopter des routines matinales simples,
- préparer ses vêtements ou ses repas à l’avance,
- fixer des horaires précis pour consulter ses e-mails.
Même de petits changements peuvent vous faire économiser une quantité étonnamment importante d’énergie mentale.
Quand le problème peut-il devenir plus grave ?
Si la fatigue persiste pendant des semaines, voire des mois, et que le repos n’apporte aucun soulagement, ou si elle s’accompagne de troubles de la mémoire, du sommeil ou de l’humeur, il peut s’agir de bien plus qu’une simple surcharge cognitive.
Ces symptômes peuvent également indiquer un stress chronique, de l’anxiété, une dépression, des troubles du sommeil ou même certains problèmes de santé. Dans ce cas, il serait judicieux de consulter un médecin généraliste ou un psychologue.
L’avenir : la surcharge cognitive va-t-elle devenir encore plus fréquente ?
Avec la multiplication des outils numériques, nos habitudes de travail évoluent également. Paradoxalement, l’intelligence artificielle peut nous soulager d’une partie de la charge mentale, par exemple lors de la recherche d’informations ou de l’automatisation de tâches routinières. D’un autre côté, cependant, la quantité de contenu que nous devons évaluer, vérifier et filtrer ne cesse d’augmenter.
La compétence la plus précieuse dans les années à venir ne sera donc peut-être pas la rapidité de travail, mais la capacité à préserver son attention.
Foire aux questions
Qu’est-ce que la surcharge cognitive ?
Il s’agit d’un état dans lequel notre cerveau traite plus d’informations et de stimuli qu’il n’est capable d’en gérer efficacement, ce qui peut nous conduire à la fatigue mentale.
Quels sont les principaux symptômes de la surcharge cognitive ?
Parmi les symptômes typiques, on trouve des difficultés de concentration, des trous de mémoire, de l’irritabilité, un sentiment d’être submergé et de la fatigue, même si l’on n’a pas fourni d’effort physique particulier.
Pourquoi suis-je fatigué alors que je reste assis toute la journée ?
C’est parce que le travail mental, la prise de décision et le passage constant d’une tâche à l’autre peuvent être très épuisants.
La surcharge cognitive peut-elle provoquer un « brain fog » ?
Oui, un cerveau surchargé a du mal à traiter efficacement les informations, ce qui peut entraîner une sensation de « brain fog ».
Comment réduire la fatigue mentale ?
Limiter le multitâche, désactiver les notifications superflues, travailler par blocs de concentration et faire régulièrement des pauses loin des écrans peuvent grandement aider.
La surcharge cognitive est-elle la même chose que le syndrome d’épuisement professionnel ?
Non, la surcharge cognitive est généralement un état de courte durée, tandis que le syndrome d’épuisement professionnel est un problème à long terme lié au stress chronique.
Quand faut-il consulter un spécialiste ?
Si la fatigue persiste pendant une longue période, qu’elle affecte votre fonctionnement quotidien ou qu’elle s’accompagne de changements importants de l’humeur, du sommeil ou de la mémoire, il est conseillé de consulter un spécialiste.
Photo : Zoner AI
Sources :
- NIMH – Attention (Research Domain Criteria)
- PubMed – Neural mechanisms underlying state mental fatigue: a systematic review and activation likelihood estimation meta-analysis (2022)
- OMS – Risques psychosociaux et santé mentale
